article : SANDRA POUR OUEST-FRANCE

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Sandra Sorgniard est formatrice en langue des signes. Fin septembre, elle intervenait au sein de l’espace jeux du relais parents-assistantes maternelles (RPAM), à la salle des fêtes.

Avant les signes et l’expression des mains et du corps, Sandra Sorgniard formait les autres aux sciences. Puis, pendant presque dix ans, en tant que coordinatrice d’un dispositif de formation générale, elle a formé, coordonné, interagit, enseigné. Comme la vie est une succession de soubresauts et de rebonds, il y a trois ans, elle s’est portée ailleurs, a fait une demande d’agrément d’assistante maternelle, et passé un CAP petite enfance.

Les signes ont toujours été là, mais sans prendre corps pour autant. C’est la rencontre avec son mari qui a enclenché le mouvement, car il est sourd. Depuis 15 ans, pour Sandra le langage des signes c’est au quotidien.

La naissance de ses enfants a certainement eu un impact sur l’envie de transmettre. Cette transmission naturelle s’est répétée, comme un écho, par la suite. « J’ai senti que cet outil de communication facilitait parfois les échanges avec les petits que j’accueillais. »

Suite à ce déclic, « encouragée par les parents », Sandra a suivi deux formations. Elle est animatrice d’ateliers signeurs depuis 1 an et demi. « Avant que l’enfant produise le mot clairement, l’adulte cherche sans cesse à identifier, sans comprendre, les pleurs les cris, les sons sortant de la bouche des enfants. On fait répéter. L’enfant s’énerve. La communication est rompue. »

« Le signe, poursuit Sandra, souligne le mot et lève pas mal de frustrations. Il permet une lecture directe des sentiments et la construction d’une image mentale. »

Sandra cite une étude lilloise réalisée par Paula Dei Cas, sur l’apport bénéfique des signes pour bébés chez les enfants de 0 à 2 ans.

Elle ajoute : « Marcher à quatre pattes a déjà empêché un enfant de marcher ? Non. Au contraire. Il a pris conscience de son corps, évolué à son rythme. Il en va de même pour les signes. »

Évoquant le jeu, Sandra insiste sur le fait qu’elle ne donne pas de cours, mais fait participer en ouvrant les yeux des gens sur leur environnement. De fait, « le corps s’ouvre aussi ».

« Reconnue depuis 1981, il s’agit bien d’une langue et non d’un langage. Ça n’est pas seulement une question de vocabulaire, mais de reconnaissance », conclut-elle pour Ouest-France

 

 

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