article : ANIMATRICE BBFMS EN ATELIER

atelier N. LE BRAS

La séance débute par la comptine du petit ver, les gestes comptent autant que les paroles…PHOTO/Photo Phil Messelet

 La séance est à mi-chemin entre un après-midi thé avec les copines et une réunion Tupperware. Les quatre mamans sont assises au milieu du salon, parfois directement sur le tapis. Nathalie Le Bras commence alors à chanter la comptine du Petit Ver. Le groupe, comme retombé en enfance, reprend en chœur. Sur les genoux de sa mère, Esther en pleurs se calme tout de suite. Roméo, 7 mois et demi, semble fasciné par les gestes de sa voisine et Chloé essaie de reproduire chaque signe en rythme.

«Le but des ateliers bébés signeurs, ce n’est pas d’employer les signes comme un langage, cadre l’ex prof de français. C’est une béquille qui facilite la compréhension entre les parents et les enfants, à un âge où les bébés ne sont pas encore capables de parler». Vers 8 ou 9 mois, un bébé ne peut pas parler mais il est musculairement prêt pour signer et cérébralement prêt à transmettre des émotions, des envies ou des besoins.

Nathalie Le Bras a découvert les ateliers bébés signeurs en se formant elle-même à la langue des signes. De janvier à juin 2012, à Paris, elle a gravi 10 des 14 niveaux d’apprentissage de cette expression par gestes. «Deux universitaires américaines ont découvert que les enfants entendant de parents sourds utilisaient très tôt les signes». Et très vite, elles devinent que beaucoup de cris et de pleurs peuvent être évités si bébé arrive à se faire comprendre.

Six séances de moins d’une heure

Gaëlle, la maman d’Esther, 8 mois et demi, est d’abord copine avec Nathalie. Mais elle a voulu tester l’atelier par curiosité. «Je ne pratique pas assez à la maison», avoue-t-elle, mais elle apprécie les comptines qu’elle réutilise au quotidien avec sa fille. Caroline, chez qui a lieu l’atelier du jour, est à moins d’un mois de son accouchement. Elle a décidé de participer en se disant qu’elle pourra très tôt utiliser la méthode. «C’est intéressant comme démarche. Je vais pouvoir me servir des comptines et lui apprendre à formuler ses besoins essentiels comme pipi, caca, manger, encore ou assez».

Anne, la maman de Chloé, 3 ans, se souvient des pleurs de sa fille. «On ne sait pas toujours à quoi ils correspondent». Et même si aujourd’hui, Chloé s’exprime parfaitement pour une enfant de son âge, sa maman a voulu participer «pour s’amuser, parce que c’est ludique. Et puis je trouve bien d’associer la parole et le geste. Spontanément, on fait déjà des signes pour se faire comprendre de ses enfants».

Les ateliers se passent directement chez les mamans. «Il y a 6 séances, détaille Nathalie Le Bras. Elles durent entre trois quarts d’heure et une heure». Evidemment, les papas sont les bienvenus même si globalement, ils sont peu nombreux à franchir le pas de mimer le ver de terre ou le mouton blanc.

Chaque atelier permet de découvrir 3 ou 4 signes. «Il ne faut pas que ce soit une corvée». A voir l’application de Chloé et le sourire des mamans, la séance ressemble plus à une récréation.

Ateliers bébés signeurs, 10€ la séance, contact: unpetitsigne@gmail.com

Article du Charente Libre, du 23 mars 2013 par Richard TALLET

Posted in Blog

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*